vendredi 26 septembre 2008
Le monde fascinant de l’écriture puérile
J'ai toujours aimé écrire. Un des plus vieux extraits que j'ai écrit date d'il y a .. pffff, bien des années, je dirais une dizaine d'années, est probablement la chose la plus improbable que mon imagination ait pu produire. C'est tellement déplorable que je ne vous en reproduirai pas d'extrait conséquent, mais sachez que ces tapuscrits faits sur le machine à écrire high-tech du grand-paternel avait pour thème les aventures d'un druide. Rien d'exceptionnel jusqu'ici, mais là où ça devient tordu, c'est que notre druide se retrouve en Amérique sans trop savoir comment et tombe nez à nez avec des amérindiens qui parlent québécois... Je rougis de honte aujourd'hui à vous révéler pareille horreur. Et le pire c'est que ça s'appelait "Deru Life, ou une vie de Druide".
Allez, je ne résiste pas à vous en fournir une tranche, avec les fautes d'orthographe et de contenu aussi d'ailleurs, inchangés, d'époque:
"Au beau milieu d'un cromlech a demi éffondré (sic), un feu est allumé, autour, des druides, immobiles, semblent attendre quelque chose. L'un d'eux se lève alors, se place devant le feu, et prend la parole dans la langue de l'Empire, le Latin [...]:
"Derus, si Mab-Morrigan nous a réuni (sic) aujourd'hui dans le temple d'Esus, c'est pour que nous puissions mettre en commun notre savoir [...]. Dans mes voyages j'ai rencontré un peuple étrange avec des plumes partout. Je marchais dans les marais quand un d'eux vint me dire: 'Hug! Toi point marcher dans les mouillures, c'est bin mauvais pour les jarrets, hostie d'chris de tabarnak!'
Epouvantable, n'est-ce pas?
Notez toutefois que même comparé à l'idée que des druides adorent Mab, parlent latin et se rendent en Amérique à pieds, qu'il y ait des marais sur des territoires aux mains d'Amérindiens quebécophones semble kafkaesque. Mais bon, je n'avais pas même onze ans... Heureusement, j'ai pris quelques bons centimètres, kilos et années depuis...
God save litterature
Le monde fascinant de mes phantasmes arthuriens
J'ai toujours eu cette étrange particularité d'être bâtard de celte et de germain dans ma tête. Ce qui est assez curieux d'ailleurs, quand on sait à quel point ces deux cultures s'opposaient. Mais nous dirons que j'ai pris un peu aux deux...
Bref, de là ma passion pour l'épopée arthurienne. C'est pour ça qu'il m'arrive de temps en temps d'écrire des passages d'histoires reliées à cette saga, à ma sauce bien entendu. C'est à dire une sauce mi savante (archéologique) mi fantastique. À ce sujet, je serais d'ailleurs impardonnable de ne pas vous recommander les extraordinaires volumes de Jean Markale, qui a reconstitué une sorte de synthèse du cycle du Graal aux Editions Pygmalion.
Ici, je vous sors un extrait où Lancelot, un jeune aspirant guerrier, est amené devant la cour par sa mère adoptive, Nimue la Dame du Lac.
"Entre les murs de pierraille et de branchages de la salle du trône obscure, on n'entendait que le bruissement du ruisseau canalisé qui passait sur le côté, tandis qu'un jeune homme s'avançait. Il s'élançait comme un arbre bien fait, le poitrail sculpté comme un de ces meubles en noyer si lisses et puissants que le Prêtre Blaise gardait en son église. La force guerrière rayonnait dans ses muscles et sa mâchoire, et dans ses yeux de fontaine brillait l'intelligence, en même emps que l'innocence de ses sourires.
- Vois, Artognou, cet homme te sera fidèle compagnon d'armes! Né du sang du vieux Penn Genewis, c'est au milieu des aubépines qu'il a été élevé, le Beau Trouvé! Son coeur est pur, accepte Lancelot! encouragea Nimue en tendant une main solennelle.
- Lancelot... surnom grivois s'il en est, ma foi, les fées doivent lui plaire depuis toujours! gronda doucement une voix coulante comme de longues gorgées d'un doux hydromel. Un homme d'une quarantaine d'années, bon gaillard bien bâti et rigolard, se tenait devant le roi, l'air malicieux. Artognou tracassa l'air goguenard les tresses de sa barbe:
- Allez, va, Myrddin! Je t'ai reconnu cette fois! Viens, approche donc du trône... (soufflant à l'oreille du magicien) Que penses-tu de ce beau trouvé? Est-il pur?
- Pur, il l'est, Monseigneur. Peut-être son innocence en vérité serait-elle même trop grande. Ne me demandez pas ce que j'y entends pour l'heure, je l'ignore.
Le roi sourit et empoigna l'avant-bras du Lancelot;
- Qu'on présente à la reine son champion, le porteur de ses phalènes royaux! Gwen, mon sang, approche!
Blanc Fantôme s'avançant, elle se plaça aux côtés de son époux et laissa sa main à lui enserrer la sienne. Mais pourquoi donc la neige des joues de la dame de Carmélide devait-elle ainsi se tacher de sang quand elle croisait les yeux de ce beau trouvé?
Les deux genoux en terre devant sa suzeraine, Lancelot rayonna du chaleureux sourire de l'enfance encore vierge de tout:
- Non juste devant le sire Artognou, mon chef de bataille, je m'incline, mais aussi devant sa reine Gwenhwyfar, à qui vont mon bouclier et mon épée.
Elle accepta avec une dignité timide, tandis qu'il la regardait, comme une charmante apparition. Elle était là, ni petite ni grande, sans poids réel, comme si elle flottait entre deux eaux. Ses longs cheveux d'un blond dégardé qui allaient jusqu'au noir ondulaient comme sous l'effet d'un vent frais et magique. De bas en haut, se dessinaient un corps perdu sous une tunique romaine légère, une poitrine petite mais ferme comme deux pommes rouges de l'automne, et le visage timide d'un ange déchu, blanc comme le lait."
Vous comprendrez vite qu'il y aura bientôt anguille sous roche. Voire anguille *dans* roche (pas très subtil, j'avoue).
Le monde fascinant de Gwenhwyfar et Medraut
Voici un extrait de mon projet de réécriture du mythe arthurien. Les passages avec Guenièvre sont très amusants à écrire car le personnage est extrêmement paradoxal, entre fidélité et adultère, chasteté et luxure.
Ce passage prend place lorsqu'elle a fui temporairement son mari et Camaaloth quand ses expériences extraconjugales furent connues... Enjoy.
N.B. Je ne suis pas encore sûr, vais-je l'appeler Gwenhwyfar, à la galloise, ou Guenevara, à la romaine...
"Le sol de terre battue des rues étroites et depuis longtemps désertées de Londinium semblait s'humidifier sous la froide brume du matin gris. Dans un bâtiment solide mais discret demeurait une reine en exil ; Gwenhwyfar était assise dans sa vieille tourelle, silencieuse et horrifiée tant par le moindre bruit que par le silence. Le temps de Cameliard était loin à présent, le temps de Camaaloth aussi. Les fleurs, les ruisseaux qui passaient au milieu de la forteresse, de simples souvenirs. La reine soupira. Elle se retourna avec effroi quand la porte eut été enfoncée sous la force d'un coup de pied. Un homme tout en arme, ni trop fort ni trop maigre, passa le cadre de la porte. Retirant son casque rutilant, il déploya quelques boucles noires soignées et parfumées comme celles d'un de ces aristocrates romains aux moeurs légères. Ces gens tant aptes à au plaisirs de la chair qu'au maniement du poignard et du poison.
Gwenhwyfar se raidit dans ses robes de toile blanche et laissa échapper un cri étouffé :
- Medraut ! Que... Comment oses-tu venir me poursuivre ici ?! Comment es-tu rentré ?
L'homme retira les protections des jambes et des bras, puis s'approcha en affichant un sourire sinistre. Il tourna un instant la tête révélant derrière lui quelques gros bras qu'il congédia d'un regard.
Se faisant tout velours -un velours moisi-- il vint se poser près du flanc de la reine et lui susurra à l'oreille :
- Pourquoi vous obstiner à glisser d'entre mes doigts ? Maintenant, vous êtes, comme moi, une adversaire de votre époux...
La reine eut un frisson, son échine trembla, et elle se recula en frôlant le mur. Les yeux fermés, elle ne put que murmurer :
- Je... Vous n'avez pas le droit de faire une telle comparaison...
- Ici, madame, j'ai tout les droits sur toi...
Il posa la main sur son épaule. La serra. Il l'attrapa par le cou avec douceur mais fermeté, et les braies de Medraut glissèrent sur ses jambes..."
Their Friends are Living Dead. So are mine.
(Certains des concernés ne sont pas sur la photo mais qu'ils m'excusent, on les mentionnera)
Mes bons potes Louvanistes -enfin ex Louvanistes pour la plupart-, ceux de la Chimay au Coup d'Théâtre.
Comment pourrais-je oublier ces invasions régulières de cheveux longs dans ce café tenu par des euh... gens qui parlent je-ne-sais-quelle langue? On a discuté de choses tellement mémorables -par exemple, le Père Noël est un true métalleux mais ça j'y reviendrai ultérieurement...
Hail à vous tous, Max, Lio, Vivier, Thib' -"spéciale dédicace" à Persée- et Julien! Sans oublier Deaclan et l'autre Julien, "le Bourré". J'ai quitté Louvain depuis, mais je suis aux aguets du plaisir de vous retrouver autour d'une bouteille d'un doux hypocras, devant les murs de Corroy ou ailleurs!
(Petit passage de publicité pour ceux que ça intéresse, cherchez donc sur myspace "My Friends are Living Dead", si vous cherchez du jeune métal sympathique et hurlant :) )

