Centre de Reconstruction Chirurgicale Empereur Palpatine

Qu'est-ce qu'un blog, au fond? Doit-on pouvoir y dégager un thème particulier, ou autrement dit, suis-je, MOI, obligé de me cantonner à une thématique pour les beaux yeux du monde? Non, cela ne sera pas. Parce que... parce que ici, j'ai tout à vous montrer

lundi 10 mars 2008

Quelque chose qui cloche chez les sans-abris

Il y a quelque chose qui cloche... cui bono?

 

 

 

Je n'sais même pas si tu m'écoutes et si tu es seulement là

 

Au ciel ou sur l'bord de la route; je n' prie prie pas pour moi

 

On dit qu'je suis une pas-grand-chose, mais si j'me souviens

 

Pour toi c'était pas tout rose, et la misère en chemin

 

 

Comme ces pauvres cloches que le vent charrie

 

Les poings-dans-les poches, les punis d'la vie

 

Y a quelque chose qui cloche pour ceux qui mendient

 

Et leurs mains s'accrochent à l'espoir enfui

 

 

Tu as donné un p'tit coup d'pouce à ceux qui ont la belle vie

 

Et voilà qu'ils nous repoussent, ça leur fait peur les guenilles et la rage au coeur

 

 

Toutes ces pauvres cloches, qu'on fuit, qu'on maudit

 

Les rien-dans-les-poches, les punis d'la vie

 

Y a quelque chose qui cloche pour ceux qui mendient

 

Et leurs mains s'accrochent à l'espoir enfui

 

 

Je t'fais pas de reproches, mais rg'arde par ici

 

Et sonne les cloches pour tous les bannis

Cete superbe chanson de Maurane s'appelle "les Coeurs sans Logis". Et elle n'est pas écrite ici pour faire joli, je vous l'avoue. Bien que ces paroles s'adressent au départ à Dieu, aujourd'hui, je voudrais qu'elles s'adressent à tous, à vous et à moi.

On forme de malheureux employés à devenir des requins inhumains, pour qu'ils aillent saisir des gens pour des sommes dérisoires -qu'on vous prenne tout pour un peu moins de 500 €, vous y croyez, vous? Incroyable mais vrai.

"On" incite les gens à monter des affaires, pour ensuite en rendre la viabilité difficile. "On" ruine la vie des gens à tour de bras.

Cui bono, ai-je envie de dire? Cui bono, à qui de bon...

Promenez vous donc à Charleroi, près du pont de la gare. Que voyez-vous? Des hommes et des femmes, sales et avachis dans des tentes Quechua qui ne sont plus de première fraicheur! Des hommes et des femmes, mes amis, dont certains étaient encore à votre place il n'y a pas si longtemps. Les regardez-vous, les voyez-vous, ces gens que les publicains des temps modernes ont condamné à la mort sociale? Non, car comme moi parfois, et même souvent, vous n'osez plus, vous ne pouvez plus. Vous n'osez plus parce qu'il est trop difficile de différencier ceux qui ont vraiment besoin d'aide, et les tricheurs. Vous ne pouvez plus parce qu'il y en a trop. À qui la faute?

Cui bono? Cui bono...

Continuons donc à nous ballader dans Charleroi. Oh, surprise, de superbes oeuvres d'arts toutes rouillées, gouffres à millions, un peu partout disséminées pour "embellir la ville". Oh, certes, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas me direz-vous. Mais ne pensez-vous pas aussi, en revanche, que "l'embellissement de la ville" passe aussi par la diminution de misère dans les rues? Nombreux les sans-abris, et dans la ville haute, nombreux les bâtiments vides, pourtant... Sans doute les propriétaires ont peu envie de céder leurs biens dormants au bonheur du peuple.

Cui bono? Cui bono...

Alors, pour l'amour du ciel, je ne vous demande qu'une chose, à vous qui lisez ces lignes:

il n'y a pas grand chose qu'on peut faire pour aider ces pauvres gens, que nous pourrions d'ailleurs un jour rejoindre. Mais ce qui peut être fait, faisons-le. Vos vieilles couvertures, vos vieux vêtements, vos vieux jouets, faites-en don à ceux qui les redistribueront. Si vous croisez Alphonse, qui n'a pourtant rien d'autre à vous offrir que son faible sourire que la pollution de la ville a noirci, sachez de temps en temps lui offrir un sandwich. Juste un sandwich, ça ne vous tuera pas, et lui il en vivra. Cela, c'est de l'aide temporaire, de l'aide temporaire avant que tout un chacun ne comprenne l'ultime vérité: c'est en marchant ensemble contre l'injustice que nous formerons une société meilleure que celle, décadente et de plus en plus oppressante, où nous vivons.

Rappelez-vous, pour ceux qui suivaient, de ce que disait le Cap'taine Planet: "N'oubliez pas, l'avenir ne dépend que de vous!"

Posté par Lord Sidious à 19:09 - Tribune dictatoriale (je donne mon avis) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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