vendredi 5 janvier 2007
critique d'album BD: Z comme Zorglub
Z comme Zorglub
Critiques et
chroniques d'albums

En 1960, Franquin, Greg et Jidéhem nous livrent
Spirou à son apogée, avec un personnage qui deviendrait un mythe à lui
seul.
Au début de cette
aventure, un savant apparemment fou et mégalomaniaque d’une cinquantaine
d’année tente de recruter Champignac apparemment une vieille connaissance
estudiantine- pour collaborer avec lui dans ses ambitions. Il déploie à cet
effet nombre d’arguments qui laissent pourtant de Champignac de marbre. Vexé et
outragé, ce dernier n’a pas dit son dernier mot, et, inventeur d’une onde à
décerveler, il parcourt le monde pour lever une armée qui portera la châsse de
ses rêves dictatoriaux.
De ce combat de titan
entre les deux savants, l’un aidé d’une armée de Zorglhommes, l’autre de Spirou
et Fantasio, qui sortira la main haute ?

Z
comme Zorglub nous propose un trio Spirou Fantasio Champignac palpitant et très
complémentaire, enrichi par la présence d’un personnage ‘secondaire’ aussi
drolatique, maladroit et haut en couleurs que redoutable. L’album est également
truffé d’engins et gadgets aussi originaux que high-tech avant l’heure, tous
mis au service d’une intrigue suffisamment bien ficelée et enrobée de
suspense !
Le personnage de Zorglub,
doté comme les autres d’une véritable personnalité mais très complexe, est le
véritable agent épaississant de cet album, initiateur d’une « trilogie du
Z ». Il alterne la force et la vulnérabilité, la fierté puis la honte,
l’orgueil démesuré puis le respect, et cela fait de lui une des personnalités
les plus ambiguës nées sous la plume de Franquin.
Pour
parler du dessin, il faut bien dire que Franquin est à son apogée, et avec cet
album, Spirou va d’ailleurs entrer définitivement au palmarès.
Bref,
Z comme Zorglub se doit d’être lu, en tant qu’une des plus belles production en
matière de Spirou sous un coup de fantaisie de l’équipe de Franquin, Greg et
Jidéhem.
Pourquoi j’ai envie et non pas besoin

Il y a des
gens qui ne comprendront jamais à quel point il vaut mieux avoir envie d’amour que
besoin d’amour.
Que nous
recherchions au départ l’affection par besoin, je le veux croire bien
volontiers, mais quelque part je vous le dit : ce n’est pas assez. Qu’est-ce
qu’un besoin ? Il s’agit d’un état de manque ou d’insatisfaction interface
entre un individu et son environnement. Vous l’aurez compris, pas besoin d’avoir
fait Oxford; le besoin est donc propre à tout le règne animal.
Or je pense,
certains d’entre vous le savent sûrement déjà, que l’Homme est plus qu’un animal,
ou alors un animal absolument extraordinaire. Pour tout un tas de raisons que
je ne développerai pas pour ne pas digresser, mais il y en a une que je vais
vous exposer, car en l’instant elle m’intéresse. Au-delà du besoin, l’Homme
connaît l’envie. L'envie est un désir qui échappe à la raison, un
réflexe dont les parts respectives d’instinctif et d’acquis sont inquantifiables
et impondérables. Pour certains, l’envie est le propre de l’Homme et serait
l’un des moteurs de son évolution.
Saisissons-nous bien la différence ? Cela veut dire,
mais amis, que lorsqu’on a besoin, c’est seulement par nature matérielle, par
nature de créature, par nature animale. Besoin s’applique à la nourriture, à l’eau,
à la chaleur, à la lumière.
L’envie ce n’est pas animal, c’est humain, c’est beau, à la
fois réfléchi et irréfléchi. L’envie c’est un plus, un effort et une
abstraction.
Et c’est pour ça que je veux avoir envie, et non pas besoin.